Lettre ouverte aux membres du cdH

Cher-e-s membres,

Cher-e-s ami-e-s,

J’ai décidé de rompre le silence que je me suis imposé depuis plusieurs mois suite à ma candidature à la présidence du cdH, une candidature refusée en violation des statuts du parti.

Je m’en étais expliqué à l’occasion d’une lettre ouverte que je vous ai adressée le 3 décembre 2009 en prenant la décision de ne pas porter l’affaire en justice et en privilégiant la stabilité et l’intérêt du parti.

Le bureau politique, quant à lui, a choisi de s’inscrire dans une autre dynamique et a décidé de saisir le comité de déontologie, d’éthique et d’arbitrage en date du 14 décembre 2009 d’une plainte à mon égard pour “propos, comportements et expressions contraires aux intérêts du parti, à ses règles de fonctionnement et à sa déontologie.” Une tentative d’intimidation entachée de nombreuses irrégularités et violations des statuts du parti. Le refus dudit comité d’exercer sa mission dans le respect des règles fixées par les statuts m’a amené aujourd’hui à sortir de ma réserve et à publier une partie des éléments restés jusqu’à présent internes et confidentiels sur www.democratehumaniste.be.

J’ai également pris une décision difficile pour quelqu’un qui a passé plus de 10 ans à militer et à défendre les couleurs de sa famille politique. En effet, j’ai décidé de prendre mes distances et d’adopter une attitude publiquement critique en raison de l’impossibilité d’avoir des espaces de débat et de libre expression au sein du parti.

Cette décision est motivée par la dérive très inquiétante imprimée par la direction actuelle du parti en matière de respect des droits fondamentaux. Qu’il s’agisse du débat sur les signes religieux à l’école (en particulier la question du port du foulard), qu’il s’agisse du respect du principe de neutralité dans l’enseignement (notamment les déclarations de Marie-Dominique Simonet et l’acharnement de Jean-Jacques Viseur contre une professeure de mathématiques…) ou qu’il s’agisse du zèle manifesté dans la promotion et le vote d’une proposition de loi  “visant à interdire le port de tout vêtement cachant totalement ou partiellement le visage”, pour ne citer que quelques exemples. A tel point que, sur ce dernier cas ouvertement attentatoire aux libertés individuelles et religieuses, un parti consacrant la démocratie dans son sigle s’est retrouvé parfaitement aligné sur des positions de partis d’extrême droite. Il n’est malheureusement pas le seul, mais il a joué un rôle de locomotive dans le vote de cette proposition de loi.

Ce changement de cap décidé en l’absence de tout débat ouvert et démocratique au sein du parti est en rupture totale avec la charte de l’humanisme démocratique, que nous avons votée lors de notre congrès du 9 juin 2001 et qui est, à ce jour, le cadre de référence de son action politique, son unique référence doctrinale. Pour ce qui me concerne, j’étais et je demeure  fidèle aux valeurs qu’elle porte : liberté, égalité et fraternité.

Je dois vous avouer que lorsque je relis la charte de l’humanisme démocratique, j’ai beaucoup de mal à considérer que le cdH d’aujourd’hui est le parti qui l’incarne.

Je me mets, dans la mesure de mes possibilités, à la disposition des militantes et des militants ainsi que de toutes les sections locales qui souhaiteraient avoir un débat franc et constructif sur ce profond désaccord. Pour avoir une idée très précise quant aux propositions concrètes que je défends en rapport avec les questions évoquées plus haut, je vous invite à consulter le site du groupe de travail neutralite.be, auquel je participe.

Meilleures salutations,

Abdelghani Ben Moussa

Membre du cdH

11 mai 2010

 

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